L’équilibre du système des retraites : des réformes inévitables.
Source : Les changements de la structure par âge de la population et leurs conséquences sur le développement.
Le vieillissement démographique étant inéluctable, du fait de l’allongement de la vie et de l’arrivée des baby-boomers aux âges élevés, il n’y a pas à attendre d’une remontée de la fécondité une solution au problème des retraites. On ne peut pas attendre non plus une solution simple des progrès de la productivité du travail, puisqu’il ne s’agit pas seulement d’assurer aux retraités des prochaines décennies le même niveau de vie absolu qu’à ceux d’aujourd’hui, mais bien d’assurer un maintien de la valeur de la retraite moyenne par rapport au revenu moyen des actifs ( Blanchet 2002 ).
A cette seule condition le système des retraites peut être jugé efficace. Et si le système est efficace, les progrès de productivité sont neutres, c’est-à -dire qu’ils ne contribuent pas à la réduction du déséquilibre. Au cours des quatre prochaines décennies, l’effet prévisible des changements démographiques sur le système des retraites sera tel qu’il s’inscrira entre ces deux situations extrêmes : une division par deux du niveau de vie relatif des retraités, une hausse d’environ les deux tiers du taux de cotisation retraite des actifs si le niveau de vie relatif est strictement maintenu.
La croissance économique, si elle s’accompagne d’un plein emploi et d’une remontée de l’activité, faciliterait certes le maintien d’un système des retraites en équilibre, mais il faudrait que le taux de croissance soit bien supérieur à ceux récemment observés. Dès lors, les réformes passées ou en cours conduisent à un décrochement progressif des retraites par rapport au revenu moyen des actifs. La réforme de 1993 a introduit une mofification des règles de calcul des retraites et une indexation des retraites, non plus sur les salaires ou sur la productivité moyenne, mais sur les prix. Cette réforme pouvait conduire à une baisse de l’ordre de 20% du niveau de vie relatif des retraites sur une quinzaine d’années et laissait un besoin de financement important. Le système des retraites a fait l’objet d’une nouvelle réforme en 2003.
Pour faire face à l’arrivée progressive des générations nombreuse du baby-boom à l’âge de la retraite, le gouvernement a créé en 1999 un “Fonds de réserve pour les retraites” (FRR), dont la raison d’être est d’alimenter à partir de 2020 les différents régimes de retraite en déficit par des sommes mises en réserve depuis sa création. Il s’agit de réduire les efforts financiers nécessaires pour équilibrer les régimes de retraites entre 2020 et 2040.
La question des retraites étant à la fois un sujet technique et politique, fut créé en 2000 un “Conseil d’orientation des retraites” (Cor), dont la vocation était de “décrire la situation financière actuelle et les perspectives des différents régimes de retraite, compte tenu des évolutions économiques, sociales et démographiques”. Le décret de constitution précisait qu’une des missions était de “veiller à la cohésion du système de retraite par répartition, en assurant la solidarité entre les régimes et le respect de l’équité, tant entre les retraités qu’entre les différentes générations”. La loi de 2003 sur les retraites et un décret de 2004 ont précisé et élargi la responsabilité du Conseil d’orientation des retraites, lieu permanent d’études et de concertation entre les principaux acteurs du champ des retraites, qui doit non seulement suivre l’évolution des régimes mais faire des propositions pour assurer leur solidité financière et leur fonctionnement solidaire. Cette mission est notamment remplie à travers la publication d’un rapport annuel (http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-723.pdf).
La réforme des retraites de 2003 a prévu un nouveau durcissement de la condition de durée de cotisation de 40 ans en 2008 à 41 ans en 2012 et plus encore en 2020 en fonction de l’epérance de vie tout en encourageant à une épargne retraite. Elle a également prévu que le régime des retraites du sectueur public soit aligné sur le régime général à partir de l’année 2008.
 La constitution d’une épargne de retraite et la prolongation de l’activité professionnelle ne peuvent suffire au maintien de l’équilibre des systèmes de retraites. Accroître le niveau d’épargne est particulièrement difficile pour les salariés détenant les plus bas revenus. Quant à l’élévation de l’âge de la retraite, elle devrait atteindre environ 9 ans d’ici quarante ou cinquante ans si elle était l’unique levier utilisé pour maintenir le niveau relatif des retraites au niveau actuel. La prolongation de l’activité professionnelle ne concerne pas seulement l’âge de la retraite mais aussi l’activité des personnes de 55-65 ans, dont une partie importante ont déjà cessé leur activité.
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