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La retraite des cadres risque d’être amputée

Classé dans: Articles-presse — Olivier @ 7:36 le Jeudi 15 mai 2008

Source : Ouest France

Les régimes complémentaires, qui représentent 66% du montant de la retraite des cadres vont être rediscutés. Cela pourrait générer des départs massifs fin 2008.

Les salariés nés à la fin des années 1940 ont-ils intérêt à précipiter leur entrée dans l’ère du papy-boom, ou peuvent-ils continuer à travailler sereinement quelques années de plus, comme le préconise le gouvernement ? Jusqu’à présent, s’ils ont cotisé quarante années, ou plutôt 160 trimestres, ces baby-boomers peuvent envisager de cesser leur activité professionnelle dès 60 ans. Ils toucheront leur retraite à taux plein.

Cela risque de ne plus être le cas en 2009. En effet, si les fonctionnaires ne dépendent, en général, que d’une seule caisse de retraite, les salariés du privé en ont deux : celle qui relève du régime général (Sécurité sociale) et une ou plusieurs autres, dites complémentaires. Il s’agit de l’Arco, pour l’ensemble des salariés du privé, et de l’Arco et de l’Agirc pour les cadres. Ces caisses complémentaires financent 66% de la retraite des cadres et 33% de celle des non-cadres.

Abattement de 22% à 4%

Théoriquement, on ne peut toucher sa retraite complémentaire avant 65 ans. Pratiquement, en vertu d’un accord signé en novembre 2003, Arco et Agirc s’alignent sur le régime général. Cet accord prend fin en décembre 2008. Bien malin qui peut dire ce qu’il en adviendra après !

Dans un contexte de vieillissement de la population et d’incitation à travailler plus longtemps, il est probable que les conditions de départ soient révisées. Si c’est le cas, les personnes qui  partiraient avant 65 ans continueraient, pour l’instant, de toucher leur retraite Sécurité sociale à taux plein. Mais elles se verraient appliquer une réduction de leur retraite complémentaire. Au pire, celle-ci pourrait être amputée de 22% pour quelqu’un qui partirait à 61 ans, au mieux de 4%, s’il part à 64 ans. C’est un bon moyen pour maintenir les cadres au travail jusqu’à 65 ans !

La renégociation de cet accord devrait aussi avoir des répercussions sur le rachat de trimestres. Une possibilité offerte par la loi Fillon de 2003, qui permet de s’offrir jusqu’à douze trimestres pour compenser des années de cotisations incomplètes ou des années d’études. Jusqu’à présent, cette mesure s’applique aux retraites complémentaires, sans surcoût.

Toutes ces remises en question risquent fort de semer le trouble dans l’esprit des quinquagénaires nés en 1948 ou des jeunes sexagénaires qui totalisent leurs 160 trimestres. Partir dès 60 ans, avec une retraite à taux plein, ou rester au travail encore un ou deux ans, au risque de voir amputer sa retraite complémentaire de plusieurs centaines d’euros : les calculettes des cadres vont chauffer. Avec les semaines de compte épargne temps accumulées au fil des ans, on risque fort d’assister à de nombreux départs de cadres fin 2008. Ceux-là préféreront prendre tout ce qui leur est dû, tout de suite, plutôt que d’en reprendre pour cinq ans.

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1 Commentaire »

702

Commentaire par TOSO

30 mai 2008 @ 19:53

Comment voulez vous que les français aillent bien.
On leur demande de travailler plus longtemps afin d’avoir plus de côtisants et d’assurer un meilleur
rapport côtisants/retraités.
D’un autre côté les caisses complémentaires rappellent
que le renouvellement de l’accord sur l’octroi de la retraite à 60 ans sera décidé en 2008.
Il n’y a pas de remède miracle et ce ne sont pas des mesurettes d’ajustement à très court terme qui vont changer ces équations d’équilibre entre les actifs et retraités.
Il faut penser à la réalité du problème qui se pose.
Pour envisager d’augmenter le nombre des actifs d’un âge avancé, il faut penser au contexte du terrain actuel.
Sur ce terrain du travail vous avez des jeunes et des
moins jeunes qui doivent cohabiter.
Les moins jeunes ont déjà acquis leur retraite ou presque, ils ont souvent un bien immobilier et parfois un portefeuille mobilier.
Les plus jeune n’ont généralement pas grand chose si ce n’est leur désir de réussir.
C’est un cocktail explosif difficile à doser.
La clé du problème se trouve là et les pensants et sachants de nos institutions devraient réfléchir
aux moyens à mettre en oeuvre pour faciliter cette
cohabitation.
Les relations humaines faisaient partie autrefois des
matières à apprendre pour les examens professionnels.
Avec le temps les relations humaines ont disparu et elles ne figurent plus que sur les organigrammes et cartes de visite des DRH.
Mais au fait ces relations humaines ne sont elles pas
au coeur d’autres problèmes comme par exemple la vie
dans nos cités.
Si l’on arrive à reconsidérer et traiter les relations
des individus en faisant abstraction des différences
de couleur, d’âge, de physique, de niveau social etc…alors, on aura résolu une grande partie du problème et on ne pensera plus à augmenter les taux
de côtisation, l’âge du départ en retraite, la base de
calcul de la retraite, etc…

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