La retraite des cadres risque d’être amputée
Source : Ouest France
Les régimes complémentaires, qui représentent 66% du montant de la retraite des cadres vont être rediscutés. Cela pourrait générer des départs massifs fin 2008.
Les salariés nés à la fin des années 1940 ont-ils intérêt à précipiter leur entrée dans l’ère du papy-boom, ou peuvent-ils continuer à travailler sereinement quelques années de plus, comme le préconise le gouvernement ? Jusqu’à présent, s’ils ont cotisé quarante années, ou plutôt 160 trimestres, ces baby-boomers peuvent envisager de cesser leur activité professionnelle dès 60 ans. Ils toucheront leur retraite à taux plein.
Cela risque de ne plus être le cas en 2009. En effet, si les fonctionnaires ne dépendent, en général, que d’une seule caisse de retraite, les salariés du privé en ont deux : celle qui relève du régime général (Sécurité sociale) et une ou plusieurs autres, dites complémentaires. Il s’agit de l’Arco, pour l’ensemble des salariés du privé, et de l’Arco et de l’Agirc pour les cadres. Ces caisses complémentaires financent 66% de la retraite des cadres et 33% de celle des non-cadres.
Abattement de 22% Ã 4%
Théoriquement, on ne peut toucher sa retraite complémentaire avant 65 ans. Pratiquement, en vertu d’un accord signé en novembre 2003, Arco et Agirc s’alignent sur le régime général. Cet accord prend fin en décembre 2008. Bien malin qui peut dire ce qu’il en adviendra après !
Dans un contexte de vieillissement de la population et d’incitation à travailler plus longtemps, il est probable que les conditions de départ soient révisées. Si c’est le cas, les personnes qui  partiraient avant 65 ans continueraient, pour l’instant, de toucher leur retraite Sécurité sociale à taux plein. Mais elles se verraient appliquer une réduction de leur retraite complémentaire. Au pire, celle-ci pourrait être amputée de 22% pour quelqu’un qui partirait à 61 ans, au mieux de 4%, s’il part à 64 ans. C’est un bon moyen pour maintenir les cadres au travail jusqu’à 65 ans !
La renégociation de cet accord devrait aussi avoir des répercussions sur le rachat de trimestres. Une possibilité offerte par la loi Fillon de 2003, qui permet de s’offrir jusqu’à douze trimestres pour compenser des années de cotisations incomplètes ou des années d’études. Jusqu’à présent, cette mesure s’applique aux retraites complémentaires, sans surcoût.
Toutes ces remises en question risquent fort de semer le trouble dans l’esprit des quinquagénaires nés en 1948 ou des jeunes sexagénaires qui totalisent leurs 160 trimestres. Partir dès 60 ans, avec une retraite à taux plein, ou rester au travail encore un ou deux ans, au risque de voir amputer sa retraite complémentaire de plusieurs centaines d’euros : les calculettes des cadres vont chauffer. Avec les semaines de compte épargne temps accumulées au fil des ans, on risque fort d’assister à de nombreux départs de cadres fin 2008. Ceux-là préféreront prendre tout ce qui leur est dû, tout de suite, plutôt que d’en reprendre pour cinq ans.
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