Tour d’Europe - Suède : les recettes d’un système efficace.
Le système suédois serait-il l’exemple à suivre ?
L’ensemble des commentateurs semble se passer le mot : la Suède est le bon élève européen en matière de réforme des retraites. Après un long processus de dialogue social et en réponse à une espérance de vie parmi les plus élevées d’Europe (84 ans pour les femmes et 77 ans pour les hommes), ce pays a en effet réformé en profondeur son système en 1999.
Ce système conjugue deux régimes obligatoires : un régime par répartition et des éléments de capitalisation.
La cotisation (partagée entre les salariés et les employeurs) correspond à 18,5% du salaire brut. 16 % financent le régime par répartition et les 2,5 % restants alimentent un compte individuel de capitalisation, placé sur les marchés financiers sous le contrôle d’une agence gouvernementale. Il existe à ce titre 450 fonds de gestion, mis en concurrence. Or, de nombreux Suédois qui ont placé les 2,5 % de cotisations dans ces fonds ont perdu une partie de leur pécule à cause de la chute de la Bourse. Ils sont par conséquent plus nombreux à privilégier les fonds publics.
De plus, la réforme a mis en place un système incitatif pour faire reculer de facto l’âge légal de la retraite. Le salarié qui part avant l’âge légal (65 ans) perd une petite partie de ses droits. Celui qui décide de travailler au-delà reçoit une prime. En outre des plans de formation destinés aux actifs de 40-50 ans ont été mis en place pour permettre aux travailleurs âgés de rester en poste.
Le montant de la retraite est calculé sur le revenu moyen durant toute la vie active, et non plus, comme c’était le cas précédemment, sur les 15 meilleures années. Ceci permet de retracer en fin de carrière l’exacte contribution de chacun. Sont également prises en compte, à un barème moins favorable, les années passées à étudier, à effectuer son service militaire ou à s’occuper de jeunes enfants à la maison.
La pension dépend ainsi du montant des cotisations, mais également de l’espérance de vie moyenne au moment du départ à la retraite, et de la croissance économique.
Cette réforme a été liée à un important effort de pédagogie. Les Suédois reçoivent chaque année des informations clés concernant les sommes qu’ils ont versé pour leur propre pension, et des estimations du montant de leur retraite mensuelle qu’ils seront en droit de toucher, calculées sur la base de différentes hypothèses de croissance.
Toutefois ce nouveau système s’adresse aux personnes nées à partir de 1954. Les personnes nées avant 1938 ne sont pas concernées. Quant aux personnes dont la date de naissance se situe entre 1938 et 1953, un mélange des deux systèmes leur est appliqué.
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