Source OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique.
Voir ci-dessous les questions et réponses du débat en ligne qui a eu lieu jeudi 5 avril avec les économistes de l’OCDE Monika Queisser, Ed Whitehouse, Fiona Stewart et Pablo Antolin.
Q. Parmi tous les arguments mettant en avant la défaillance du marché pour justifier l’intervention des pouvoirs publics dans le domaine des pensions, le plus convaincant, à mon sens, est l’insuffisance des rentes versées par les prestataires privés. En l’absence de régimes de retraite obligatoires, les problèmes d’anti-sélection ainsi que la préférence pour la flexibilité que manifestent la plupart des consommateurs suffisent pour vouer ce produit à la disparition. Si l’on ajoute à cela, du côté de l’offre, l’absence d’instruments à long terme de protection contre le risque d’allongement sans précédent de l’espérance de vie, il semble y avoir peu d’espoir que le marché puisse satisfaire ceux qui misent sur l’assurance contre le risque de longévité. Ainsi, les régimes obligatoires à cotisations définies visent ils à faire en sorte que l’objectif de lissage de la consommation fixé par les pouvoirs publics ne soit pas compromis au bout du compte lorsque l’épargne-retraite accumulée pendant toute une vie est dilapidée, dépensée ou perdue bien avant la fin de la période de consommation.
Si l’on admet qu’il faut un régime de retraite obligatoire, du moins à un niveau minimum, est ce au secteur privé d’intervenir ? Les compagnies d’assurance n’ont toujours pas d’instruments de couverture appropriés. Les compagnies prudentes se sentiront toujours obligées de tenir compte du risque de longévité excessive que peuvent entraîner les progrès de la médecine (le problème se pose déjà sur le marché du Royaume-Uni, par exemple) et elles majoreront donc leurs commissions. Celles qui sont moins prudentes pourraient prendre trop de risques. Compte tenu du caractère obligatoire du régime de retraite et des conséquences sociales de la défaillance, une garantie publique implicite semble nécessaire.
Il paraît aussi peu justifié d’autoriser une grande différenciation des produits compte tenu des objectifs simples des pouvoirs publics. Par contre, la période d’accumulation pourrait permettre, dans certaines limites, une plus grande variation dans l’arbitrage risque-rémunération. La concurrence entre prestataires ne semblerait justifiée que du point de vue de la qualité du service. Est-ce suffisant pour justifier la présence de prestataires de pensions concurrents dans un système obligatoire ?
L’autre possibilité serait que les pouvoirs publics assument cette fonction eux-mêmes ou qu’ils procèdent à un appel d’offres pour un produit de pension minimum comportant une garantie explicite en cas d’augmentation extrême de la longévité. Les économies d’échelle réalisées dans l’administration réduiraient les coûts ainsi que le besoin d’une réglementation et d’une surveillance publiques des prestataires.
Il s’agit alors de savoir si, et dans quels cas, il serait judicieux que les pouvoirs publics jouent le rôle d’un prestataire de pensions, soit directement soit par voie de sous-traitance pour le compte des membres d’un régime obligatoire de pensions à cotisations définies.
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